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Homélie du 27ème dimanche du Temps Ordinaire – année B

Préfailles et Saint Michel, Journée Mondiale des Familles

 

La journée mondiale des familles nous fait porter un coup de projecteur sur une institution aujourd’hui ébranlée par tous les côtés, dans un monde contemporain qui a perdu ses repères, qui n’a plus ni boussole, ni orient vers lequel se tourner.

En choisissant de vous parler de la famille, je ne voudrais pas la regarder d’abord dans ce qu’elle a de malade ou de cassé, mais seulement pour ce qu’elle est appelée à être aux yeux de Dieu. Mon objectif est de

nous stimuler le cœur par le rappel de ce que le Christ et l’évangile nous disent aujourd’hui du couple et de la famille.

Qu’on m’autorise à le faire à travers une image musicale. L’appel de l’homme vers la femme n’est-il pas en tout point comparable à l’écriture d’une symphonie. « Que serais-je sans toi ? Ma vie est à partir de toi ! », chante le poète. L’homme et la femme sont en effet, et depuis l’origine des temps, appelés à naître l’un de l’autre, l’un par l’autre, depuis que Dieu, les créant à son image, les a faits pour entonner le chant de son amour. Jésus, aujourd’hui, contemplant ce mystère du mariage, nous en rappelle la grandeur sacrée : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » (Marc 10, 10)

L’amour, vécu dans le sacrement de mariage, est une symphonie dont voici le solfège : le solfège de l’amour !

1) Première leçon de solfège ! Il suffit de 7 notes pour écrire les plus belles symphonies ! Do, ré, mi, fa, sol, la et si.

Do, comme do-cilité, doigté, douceur, don. L’amour est un art qui tient plus de la couturière que du boxeur. , comme responsabilité, respect, réconciliation. La vie du couple a ses exigences sans lesquelles l’amour tient de la caricature. Mi, comme my-stère et comme mi-ssion. L’amour qui réunit l’homme et la femme vient de plus loin qu’eux-mêmes ; et celui-ci les porte aussi plus loin qu’ils ne l’imaginent. Il n’y a pas de véritable amour s’il n’y a place à l’émerveillement de l’un vis-à-vis de l’autre. La note fa m’a un peu embêté, je vous l’avoue. Cette note peut sembler sonner comme fa-cilité, fa-deur ou fa-talité. Attention : ce ne sont là que des fausse notes. Je leur préfère sans hésiter des mots comme fa-mille, fa-milier ! L’amour n’a rien de commun avec le chacun pour soi. Il est fécond, il est vie donnée, il est fa-mille. C’est sans doute la raison pour laquelle Jésus rappelle à son auditoire l’amour de Dieu pour « les enfants et ceux qui leur ressemblent » (Marc 10, 14). La note sol pourrait se suffire à elle-même. Le couple ne peut tenir que s’il est solidement enraciné dans la réalité, que s’il garde les pieds sur terre. En d’autres termes, il doit rester sol-ide en se faisant sol-idaire. Un couple solidaire des hommes, de vos contemporains, de vos proches, et des petits, surtout. La. Cette note ne fait que confirmer la précédente. Etre là et non ailleurs. L’amour ne s’accommode guère du rêve, quand celui-ci est une fuite du présent. Si, enfin. Une fois encore, je serais ennuyé si cette note était l’expression d’un conditionnel : l’amour est sans condition ; il est signature de Dieu et Signe de son amour pour les… siècles des siècles !

7 notes à marier ensemble, à marier à l’infini. Des notes à accorder, en majeur ou en mineur, qu’importe, du moment qu’elles s’accordent !

2) Des notes… et des silences. Seconde leçon du solfège de l’amour. La musique n’est pas complète sans les silences. A conditions qu’ils ne se réduisent pas à des soupirs ! Il faut prendre le temps, marquer des pauses, ou simplement des demi-pauses. Le temps de la prière est de cet ordre-là.

3) Des notes, des silences et… du rythme. Troisième leçon de notre solfège. Temps forts et temps faibles s’alternent, joyeux triolets ou tendres valses, lamento ou syncopes : qu’importe, pourvu qu’il y ait du rythme et que la symphonie avance ! Le pire, c’est lorsque la musique s’essouffle et s’arrête…

4) Mais ce solfège serait incomplet si l’on n’y ajoutait les dièses et les bémols. Quatrième leçon. Dièses et bémols n’ont rien d’inutile : ils corrigent la note, la modulent. L’amour a besoin de ces corrections, de ces modulations qui l’ajustent et le font grandir. Les dièses comme les bémols évoquent, certes, les « accidents » que rencontrent inévitablement les familles et que l’évangile évoque aujourd’hui à mi-mot. Les Pharisiens qui questionnent Jésus savent bien qu’il n’est pas facile de tenir dans la fidélité, de tenir toute une vie, dans l’amour. Mais les accidents de parcours, tout comme sur la partition, ces accidents qui font dérailler un moment la musique, seront vaincus et dépassés, un à un, par de la persévérance dans l’amour, cette vertu qu’on appelle aussi le pardon.

Voici donc le solfège que propose l’Évangile pour écrire la symphonie du couple, l’harmonie de la famille. C’est ce même solfège qui a permis l’écriture de la partition de l’Évangile. C’est le solfège qui sous-tend la douce musique du Christ, lui qui a donné sa vie par amour pour nous et nous la chante encore aujourd’hui à l’oreille, quel que soit notre âge ou même notre état de vie. Écoutons cette musique et accordons-la à la nôtre propre. Et que ces musiques — celle du Christ et la nôtre —, ne devenant plus qu’une, rappellent à tous qu’ils ont leur partition à tenir dans le vaste concert du monde qui la désire et l’attend. La symphonie de l’amour…

 

Père Rémy Crochu.

 

Homélie du 4 octobre 2009
 
Homélie du 4 octobre 2009