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Paroisse Saint-Gildas de la Mer - Eglise de Sainte-Anne de Tharon

27ème dimanche du Temps Ordinaire - 7 octobre 2012

Célébration d'action de grâce

pour les 50 ans d'ordination presbytérale et les 20 ans d'ordination épiscopale

de Mgr Lucien FRUCHAUD, évêque émérite de Saint-Brieuc et Tréguier.

 

« A Toi, gloire et louange! »

Les textes que l'Eglise, à travers le monde entier, propose à notre réflexion ce matin sont importants et fondateurs et j'aimerais pouvoir vous les commenter surtout en ces temps où des questions importantes sont posées à notre société sur le sens du mariage, de la vie de couple et à une période de notre histoire humaine où l'instabilité de la vie met des couples dans des souffrances très grandes et les conduit à endurer de lourdes épreuves. Ces difficultés, ces épreuves touchent toutes nos familles et je sais que certains parmi vous les vivent et en souffrent. Vous frères et

sœurs et amis qui vivez ces difficultés, sachez ce matin, en cet instant où nous prions ensemble, que le Christ et l'Eglise vous aiment dans toutes les circonstances et les situations de votre vie; que le Christ et l'Eglise veulent toujours être proches de vous pour éclairer votre route. Par son Eglise, même si les signes n'en sont pas toujours aussi clairement donnés qu'il le faudrait, le Christ veut vous assurer qu'il est bien venu pour sauver tous les hommes, quelles que soient les phases difficiles de leur vie.

 

Oui, le Christ nous aime tous, sans aucune distinction, comme il a aimé les petits enfants dont l'évangile nous parlait il y a un instant. Il invitait ses disciples et tous ceux qui l'écoutaient à aimer les enfants car à cette époque, dans la société de ce temps, l'enfant n'était pas considéré; il était même repoussé, jamais écouté. Le Seigneur manifeste qu'il est là pour écouter chacun, aimer chacun, sauver chacun. Tout cela mériterait une longue explication. J'espère que je pourrai vous en reparler un jour.

 

Mais ce matin, devant vous tous, paroissiens habituels, membres de ma famille, amis qui avez tenu à venir ici pour rendre grâce pour mes 50 ans de ministère presbytéral dont 20 ans dans le ministère épiscopal, je voudrais vous exprimer les raisons pour lesquelles j'ai souhaité qu'ensemble nous rendions grâce au Seigneur en cette église Sainte-Anne de Tharon, qui est pour moi toute pleine de souvenirs puisqu'il y a certainement plus de 70 ans que ma grand-mère et mes parents m'y ont fait entrer pour la première fois. Longue vie de prière et de service en ce lieu qui a connu lui aussi tout une évolution au fil des ans.

 

C'est en priant, comme nos parents, nos éducateurs, les religieuses et religieux qui nous faisaient la classe, nous avaient appris à le faire, dans l'église paroissiale du Loroux­ Bottereau ou dans cette chapelle de Tharon, que j'ai entendu le premier appel du Seigneur à le suivre et à servir les hommes et l'Eglise dans le ministère de prêtre et malgré mes pauvretés humaines, l'Eglise a bien voulu m'appeler pour ce service.

 

C'est bien pour ce ministère que je vous invite, en cet instant et tout au long de cette Eucharistie, à laisser monter avec moi vers le Seigneur une immense grâce. En m'appelant il y a cinquante ans au ministère presbytéral comme il y a vingt ans au ministère épiscopal je ne me doutais pas de tout ce qu'il me permettrait de vivre.

 

Au soir de ma vie et dans la relecture qu'il m'arrive d'en faire de plus en plus fréquemment devant le Seigneur, - tout particulièrement cette année - je n'arrive pas à trouver les mots que j'aimerais pour le louer et lui rendre grâce. Ceux qui montent à mes lèvres me semblent bien trop faibles, trop petits, trop insignifiants quand je contemple les immenses grâces dont il a comblé ma vie alors que j'étais bien trop petit et indigne pour les recevoir comme il aurait convenu.

 

Cette louange et cette action de grâce que je laisse monter devant le Seigneur et devant vous en cet instant je les rassemblerai en deux prières de louange.

 

A toi Seigneur, louange, gloire et action de grâce

 pour tes appels à te servir et à servir ton Eglise

 marquée par le Concile Vatican II.

 

J'ai été ordonné prêtre en la cathédrale de Nantes le 30 juin 1962. Le pape Jean XXIII avait annoncé le 25 janvier 1959 son intention de convoquer un Concile. Je me souviens parfaitement du jour où, militaire en Algérie, j'appris cette nouvelle. Mon bonheur était à son comble. Je compris que les trois années de séminaire qu'il me restait à faire je les vivrais en suivant la préparation de ce Concile. Il en fut bien ainsi. Il s'ouvrit le 11 octobre 1962. J'étais prêtre depuis trois mois. J'ai donc eu l'immense grâce de recevoir, d'accueillir, de commencer à percevoir tout au long des sessions conciliaires ce que l'Esprit disait à son Eglise. J'ai eu le bonheur de pouvoir - avec des prêtres de tous âges et déjà avec certains laïcs intéressés - découvrir et étudier les constitutions, les décrets, les déclarations: les seize documents qui sont l'œuvre du Concile Vatican II. J'ai eu l'immense honneur d'avoir à transmettre au peuple de Dieu, tout au long de mes années de ministère presbytéral et épiscopal, les immenses richesses théologiques, ecclésiales et pastorales contenues dans ces textes et que nous n'avons pas encore, et loin s'en faut, totalement explorées.

 

Dois-je vous avouer que j'ai souffert et souffre fortement encore des réticences qui peu à peu se sont faites jour, et se font jour encore, chez certains dans l'Eglise, à accueillir dans la foi et l'espérance, dans la richesse continuelle de la compréhension la meilleure et de l'application ecclésiale fidèle de ce grand souffle que le Concile Vatican II a donné à l'Eglise. Mais je tiens surtout à vous dire l'immense bonheur que j'ai eu tout au long de mon ministère presbytéral et épiscopal à transmettre ce message et à voir combien d'hommes et de femmes, de jeunes et moins jeunes, en découvrant cette richesse conciliaire grandissaient dans leur foi, retrouvaient les chemins d'espérance, approfondissaient leur vie spirituelle et devenaient de vrais témoins du Christ et de son Eglise.

 

Pour tout cela, avec moi, en cet instant, je vous invite à redire: A toi Seigneur, louange, gloire et action de grâce. Je vous invite à vous engager encore plus profondément dans l'accueil, la compréhension, la mise en œuvre de ce Concile par amour de cette Eglise voulue par le Christ pour être le grand témoin du Salut qu'il est venu apporter au monde. J'espère qu'il vous sera possible de venir nombreux jeudi prochain, à 18 h 30 dans la Cathédrale de Nantes pour célébrer cet anniversaire de l'ouverture du Concile Vatican II.

 

A toi Seigneur, louange, gloire et action de grâce

 pour le monde dans lequel tu m'as demandé

 d'exercer ce sacerdoce ministériel.

 

Mais j'ai un autre motif de louange et d'action de grâce envers le Seigneur. Il s'agit du monde dans lequel j'ai eu à exercer mon sacerdoce ministériel.

 

Ce monde tel qu'il était et, dans ce monde, les hommes tels qu'ils vivaient, je les ai vraiment découverts au cours de ces 27 mois difficiles vécus en Algérie dans les années 1957/1959. Tout au long de ces mois il m'a été donné d'entendre les appels de ce monde et de comprendre les besoins des hommes de ce temps. C'est sur cette terre d'Algérie, dans l'oasis de El Goléa, près du tombeau du Bienheureux Charles de Foucauld, que j'ai vraiment dit mon 'oui' au Christ. 'A cause de Jésus et de son évangile' - petite phrase qui deviendra ma devise épiscopale - je me suis offert à cette Eglise qui allait entrer en Concile.

 

Aimer ce monde, aimer les hommes de ce temps tels qu'ils sont, avec leurs richesses et leurs faiblesses, leurs incohérences et leurs capacités réelles de don et d'amour, me fut donné comme véritable passion. Je l'ai toujours reçue comme un don de Dieu, le don de sa grâce. Peut-on transmettre à ce monde les richesses de la Parole de Dieu, l'ouvrir à sa lumière, sans l'aimer avec profondeur, réalisme, lucidité mais passionnément? Peut-on être ministre ordonné sans tout faire pour rejoindre ce monde toujours en mutation, toujours en recherche, fluctuant entre un désir d'être fraternel avec tous et des égoïsmes personnels ou collectifs intolérables, des étroitesses d'esprit insupportables?

 

Pour ce monde, pour toutes ces personnes avec qui il me fut donné et m'est donné encore de cheminer, vous tous aujourd'hui, je vous invite à louer Dieu, à lui rendre grâce joyeusement avec moi ce matin. Tout au long de ces années il s'est levé bien des obstacles sur le chemin, des murs qui me paraissaient infranchissables, mais il m'a été donné la grâce de toujours faire confiance à l'Eglise, à ceux qui m'invitaient à avancer même quand je n'y voyais plus clair.

 

En même temps je vous invite à lui demander de me pardonner pour toutes les fois - si nombreuses - où je n'ai pas été jusqu'au bout de ce qu'il m'invitait à vivre. « Trop petit pour son immense grâce» c'est vraiment ce que j'ai éprouvé depuis cinquante ans et que j'éprouve encore. Mais j'ai aussi conscience que c'est le Christ et Lui seul qui nous permet de durer, d'avancer, de le servir. Saint Paul ne nous a-t-il pas rappelé que: « ... ce trésor, nous le portons dans des vases d'argile, pour que cette incomparable puissance soit de Dieu et non de nous. » 2 Co. 4, 7

 

Merci de vous unir à ma prière de louange et d'action de grâce en redisant au Seigneur: « Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles! Amen! »

 

Monseigneur Lucien Fruchaud

Evêque émérite de Saint Brieux Tréguier

La Plaine sur Mer, le 7 octobre 2012

 

 

Homélie Monseigneur Fruchaud Octobre 2012
 
Homélie Monseigneur Fruchaud Octobre 2012