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Paroisse Saint-Gildas de la Mer - Chapelle de Préfailles

23ème dimanche du Temps Ordinaire - 4 septembre 2016

 

Cet évangile que nous venons d’entendre, si nous acceptons de bien le recevoir va, une fois encore nous bousculer. Laissons le Seigneur nous bousculer. Cette page d’évangile est à situer au cours de la montée de Jésus vers Jérusalem, vers sa passion et sa mort sur la croix.  Les foules sont enthousiasmées par ses paroles et ses miracles. Alors, il veut mettre les choses au clair : il se retourne pour ramener tous ces gens à la réalité : « Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères

et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. » Cette phrase du Christ a du en heurter plus d’un, comme peut-être nous-mêmes ce matin.


Pour comprendre cette parole, il ne faut pas se tromper sur le sens du mot disciple. Au temps de Jésus le disciple c’était le familier qui partageait la vie de son maître. Dans la plupart des cas, c’était sans problème particulier. Mais avec Jésus, c’est tout autre chose car partager sa vie, c’est le suivre sur le chemin de la croix. C’est accepter l’abandon de tous les avantages humains. C’est courir le risque de la persécution ou en tout cas des moqueries. C’est aussi le préférer aux liens familiaux qui unissent les membres d’une famille. C’est sortir de son confort douillet, de sa maison, pour aller vers les autres, les accueillir même s’ils nous dérangent. C’est accepter certains engagements en tant que catéchistes, animateurs de groupes ou services d’Eglise. Le Christ nous appelle à le suivre sur des chemins que nous n’avions pas toujours prévus.


Ces paroles de l’évangile semblent vraiment difficiles à accueillir et surtout à vivre. On a longtemps cru qu’elles ne concernaient que la vie religieuse conçue comme une rupture radicale avec la famille. En réalité, l’Évangile de ce jour commence par cette précision : « De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et il leur dit : ‘si quelqu'un vient à moi...’ » Ces paroles de Jésus s'adressent à ceux qui sont présents sur les routes avec Lui. Elles sont pour nous tous qui avons tenus à venir rencontrer le Seigneur en ce dimanche bien décidés à le laisser conduire nos vies.


Comprenons bien : les liens familiaux ne doivent pas être comptés pour rien. Ce serait contraire à l’enseignement de la Bible qui nous demande d’honorer notre père et notre mère. Jésus ne nous demande pas l’éloignement de nos proches, encore moins l’indifférence. Ce qu’il attend de nous aujourd’hui, c’est un choix préférentiel pour Lui.


Il ne peut y avoir conflit entre notre amour pour Dieu et celui que nous avons pour nos proches parents, pour toute notre famille humaine. S’il y en a un, c’est parce que nos relations sont trop possessives. Cela signifie que les proches sont à ce point envahissants qu’ils nous ferment le cœur. Renoncer à se laisser ‘posséder’ c’est pouvoir aimer davantage. Le lien qui nous unit au Christ depuis notre baptême doit être plus fort que tous nos autres liens terrestres.

 

Dans cet évangile, nous avons deux petites paraboles qui viennent appuyer cet appel : Quand on veut bâtir une tour, il faut calculer le prix. Dans la pensée d’Israël, vouloir bâtir une tour est le fait d’un esprit dominateur. Si on n’arrive pas au bout, ce sera vraiment une humiliation. Puis Jésus nous raconte l’histoire de ce roi qui veut partir en guerre contre un autre. Lui aussi a intérêt à évaluer ses forces et ses munitions s’il ne veut courir le risque de la défaite.


Celui qui choisit de suivre le Christ doit aussi faire ses comptes. Mais ce ne sont pas les mêmes. Jésus nous demande de le préférer à toutes nos richesses humaines et à toutes nos affections familiales. Lui donner la première place dans notre vie, cela, encore une fois, n’exclut pas les membres de nos familles ; cela signifie simplement qu’ils occupent la seconde. Le premier commandement c’est l’amour de Dieu ; le deuxième c’est l’amour du prochain. L’un ne va pas sans l’autre.


Préférer le Christ c’est un chemin difficile mais un chemin possible pour tous. L’évangile de ce dimanche est clair. Il nous dit que Jésus s’adresse aux foules et pas seulement aux moines ou aux prêtres, aux religieux et religieuses, aux consacrés. Si Jésus-Christ devient le tout  de notre vie, il occupera la première place dans notre échelle de valeurs. Nos affections, nos attaches, tout ce qui est important pour nous trouveront leurs places dans notre vie. Ainsi l'homme et la femme pourront toujours s'aimer, construire un couple, une famille avec des enfants. Jésus-Christ sera le pivot autour duquel toute la famille trouvera son organisation. Dans ce contexte, nul n'est plus grand ou plus petit que l'autre puisque chacun est fils de Dieu ; chacun devient frère en Jésus-Christ.


Un jour, des jeunes demandaient à un moine pourquoi il avait renoncé à la vie et aux avantages de ce monde. Il leur a fait cette réponse : « Je n’ai renoncé à rien ; j’ai voulu tout. Mais j’ai refusé que les choses viennent sacrifier l’essentiel et l’essentiel est venu habiter toutes choses. » Tout cela pour dire que ce Dieu qu’il a choisi de suivre, c’est comme une lumière qui est venu habiter sa vie et la transformer de l’intérieur. En préférant le Christ, nous ne renonçons à rien ; nous choisissons l’essentiel, ce qui peut vraiment donner sens à notre vie.


Que l'Eucharistie nous donne de retrouver le désir et le bonheur d'une marche décidée à la suite de Jésus-Christ. Ainsi nous serons les témoins de son amour dans notre vie de tous les jours.

 

 

Monseigneur Lucien Fruchaud

Evêque émérite de Saint Brieux Tréguier

Préfailles, le 4 septembre 2016

 

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 14,25-33. 


En ce temps-là, de grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :
« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple.
Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?
Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui 
“Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !”
Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ?
S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix.
Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »

 

Homélie Monseigneur Fruchaud Septembre 2016
 
Homélie Monseigneur Fruchaud Septembre 2016